Chambre numéro 10 par Ake Edwardson / JC Lattès

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Edwardson appartient aux romanciers scandinaves tournés vers le roman d’énigme, soupoudré de réél avec un spleen à la Mankell, du genre "Mon dieu, ce pays a vraiment changé". A priori, je ne devrais pas aimer mais ses deux premiers romans - Danse avec l’ange et Un cri si lointain - m’avaient emballé. Probablement parceque son héros, le commissaire Winter, est un grand fan de John Coltrane. Ses deux derniers livres étaient en deça des premiers et, aujourd’hui, avec cette chambre numéro 10, Edwardson reprend la main.

Nous sommes à Göteborg, comme d’habitude, et Paula est retrouvée pendue dans une chambre d’hôtel. Une fille simple, renfermée, sans flirt. Après, la mère se fait également buter, mais dans un autre hôtel. Cette chambre 10 rappelle des souvenirs à Winter. Il revient 18 ans en arrière sur la disparition d’une fille, passée, elle aussi, par la chambre fatidique. Vous savez comment est Winter ? Eh bien, il ne supporte pas les affaires non conclues, telle cette fameuse disparition.

Edwardson ne se perd pas dans des considérations fumeuses et conduit sa double enquète à la pépère mais il possède un vrai don pour le suspense sans tomber dans les artifices du genre. L’inquiétude et le trouble s’installent sans effets infra-littéraires. Pour ceux que ça intéresse, sachez que notre commissaire se prend 6 mois sabbatiques en fin d’enquète, ce qui laisse rêveur sur le système social suédois. Pour le reste, un livre bien enlevé qui se lit sans temps mort.