Cartons par Pascal Garnier / Zulma.

Publié
Pascal Garnier à Lamballe.

Brice, dessinateur pour la jeunesse, déménage. Il laisse la ville derrière lui pour s’installer dans une vieille bâtisse au coeur d’un bled du lyonnais. Sa femme, Emma, reporter au long cours a disparu à l’autre bout du monde pendant l’un de ses reportages. Mais Brice a le moral, il est persuadé qu’elle va débarquer dans sa campagne. Il fait la connaissance de Blanche, fille un peu éthérée de 39 ans, qui vit seule dans une maison de famille. Le père est mort et, comme c’est curieux, Brice évoque physiquement le géniteur. Les deux adultes se rapprochent, vont dîner chez l’un, chez l’autre. Il regardent la télévision (Téléachat) et boivent des viandox. Les travaux d’aménagement de la maison du dessinateur avancent très lentement.
En fait, Blanche aimerait bien que Brice prenne la place de papa. Quant à Emma, n’est-elle pas déjà une chimère qui empèche Brice de tomber dans la dépression et la folie ?
Evidemment, l’erreur aurait consisté à proposer une fin ébouriffante. Bon sang mais c’est bien sûr. Garnier est un malin et ne cherche pas à jouer les Chabrol de sous-préfecture. Le livre se clôt donc moderato. Mais ce qui tire vers les dernières pages c’est l’écriture du romancier. Amicale, sans affèterie mais composée avec amour, fluide. Garnier ne la ramène pas et installe en douceur ces deux errances qui nous parlent et nous font réféchir à la fuite du temps. Pour Garnier, la vie reste une aventure et celle-ci se reproduit rarement. Il s’agit d’un roman posthume, évidemment, et inédit. Pour ceux qui voudraient écouter la voix de l’écrivain, vous cliquez Famille en page d’accueil et vous refaîtes la même chose sur l’interview de Pascal.

Photo : Claire Gratias.