Carancho par Pablo Trapero.

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Nous sommes dans la ville de Buenos Aires où les accidents de circulation sont permanents. Cette situation a engendré la création d’un corps d’avocats : les caranchos, spécialisés dans le dédomagement des victimes. Sosa est l’un d’eux. En cheville avec le service des urgences d’un hôpital, il arrive parfois sur les lieux de l’accident avant les urgentistes. C’est un charognard. La société qui l’emploie récupère les montants d’assurances qui arrivent dans le bureau de l’avocat et reverse 10% aux estropiés, gardant le reste pour sa pomme.

Un jour, Sosa croise la route d’une urgentiste, Lujan, qui se drogue pour pouvoir tenir le coup dans ce boulot de dingue. Leurs buts ne sont pas les mêmes : elle veut sauver les victimes et lui veut les rançonner. Ils tomberont amoureux mais ne partent pas du bon pied. Lujan tire Sosa loin du mal. Les employeurs de l’avocat ne l’entendent pas de cette oreille, ça va de soi.

Ce film bien mené est dur, très réaliste et les scènes d’accidents et de violences en général marquent le spectateur. On retrouve ici le grand thème du Noir : une fille bien veut ramener un pourri dans le droit chemin, l’amour en bandoulière. Mais ce serait trop facile de réussir et Trapero est sans illusion sur la vie des hommes et sur leur fin. On suit avec sympathie l’acteur Ricardo Darin qui tenait le rôle principal dans l’excellent Dans ses yeux, lui aussi situé à Buenos Aires. Je m’aperçois, après vision de ces deux films, que la vie en Argentine est parfois proche de celle des habitants du tiers-monde. La vie et la mort n’ont pas grande importance, l’idée c’est de survivre par n’importe quel moyen.