Caos calmo par Antonello Grimaldi

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Pietro, la cinquantaine, est en vacances et, pendant qu’il sauve une jeune femme de la noyade, perd son épouse, terrassée par un infarctus, probablement. Il rentre en ville avec sa fille, Claudia 10 ans, et retourne à son travail. Son entreprise, dont il est l’un des acteurs principaux, est sur le point de fusionner. Déboussolé, il décide de se retancher sur l’existence de sa fille et la sienne. Il emmène donc chaque matin la gamine à l’école et reste à l’attendre toute la journée, assis sur un banc qui fait face au bâtiment. Ses amis et ses collègues de bureau passent le voir, essayant de comprendre et lui racontent leurs propres vies et soucis. Pietro devient donc un personnage incontournable par sa faculté à écouter sans rien dire et à tenir une ligne de vie plutôt dure.

Tiré du best seller de Sandro Veronesi, ce film doit beaucoup à la qualité des acteurs et, surtout, à la présence magnétique de Nanni Moretti. Ce chaos calme se terminera mais, avant, Moretti nous aura fait croire à une introspection centrée sur le quotidien et toutes ces chose qui, à l’habitude, comptent peu. Un enfant mongolien épaté par la sirène d’ouverture d’une voiture, une belle nana qui promène son chien tous les jours à la même heure, les pâtes du bistrot voisin, meilleur moment de la journée, la main de la petite fille qui s’agite à la fenêtre de sa salle de classe. On croit comprendre ce travail à l’oeuvre dans l’esprit de Pietro mais qui peut comprendre, en fait ?

C’est la petite fille, déboussolée par ce père devenu hors normes, qui ramènera leur histoire dans les rails de la convention. Un bon film, comme seuls les italiens savent en fabriquer.