Bullhead par Michaël R. Roskam / DVD.

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matthias schoenaerts

Jacky, éleveur de bovins dans le sud du Limbourg, est un colosse renfermé. Il travaille en bout de chaîne d’un trafic d’hormones. Celles-ci sont destinées à accélérer la croissance des bêtes et à augmenter leur masse graisseuse. Parallèlement, il se dope lui aussi aux hormones. Le trafic est surveillé par la police et le meurtre d’un commissaire, tué par les fabricants des produits dopant, sera à l’origine d’un coup de filet.

Ce qui fascine, c’est l’attitude de Jacky. C’est en découvrant un moment douloureux de son passé qu’on comprend le dopage de l’éleveur. Peu à peu, l’étau policier se resserre et Jacky commence à péter les plomb pour une fille.

Ce film noir, crépusculaire est rendu étouffant par le jeu imprévisible de Matthias Schoenaerts, son corps massif, sa blessure. Il faut y ajouter un ciel gris et bas, la gadoue, la merde, les rivalités de base flamands-wallons et, surtout, le ballet des piqûres qui s’enfoncent dans la chair des animaux et dans celle de l’homme pour transformer de l’intérieur des natures apaisés en corps sauvages. Le film a été nominé aux Oscars dans la section Meilleur film étranger. Et c’est mérité.