Bruce Davidson à la fondation Cartier- Bresson.

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Bruce Davidson est né en 1933 et a fait carrière chez Magnum. La première salle montre son travail réalisé au début des années soixante et consacré à la lutte des noirs américains pour l’égalité des droits civiques. On y voit des mobilisations organisées à Harlem par Malcom X et aussi la fameuse marche de Selma, entre Selma et Montgomery, menée par Martin Luther King. Un peu plus tôt, Davidson a couvert la Freedom March en Alabama, Mississipi, Caroline du Sud. Il montre la lutte sauvage des freedoms riders qui voyagent en bus et se heurtent au Ku Klux Klan, aux flics et aux milices. Les images qui sont proposées ne jouent pas sur la violence mais sur la beauté et la douceur de ces populations qui luttent pour leurs droits et leur dignité. On remarque des clichés de cueilleurs de coton, des photos de saisonniers, des rassemblements de vieillards endimanchés. Ce qui frappe également, c’est l’extrème pauvreté des habitats et la juxtaposition de beaux paysages avec ces hommes et femmes démunis. L’ensemble a été rassemblé sous le titre Time of change. Au-delà de l’aspect témoignage, il s’agit, bien entendu, de photos magnifiques.

La seconde salle, moins intéressante, rend compte du Harlem espagnol de New York en 1966-1968. Les photos sont réalisées à la chambre et au flash. Des bars, des toîts, des chambres. Beaucoup de chambres qui révèlent la pauvreté de la communauté hispanique mais aussi une certaine sérénité. Là où les noirs américains étaient en guerre, en position de révolte, les hispaniques paraissent installés dans leur 100eme rue, tranquilles.

Les clichés de Davidson sont réalisés en noir et blanc et s’inscrivent dans la constellation Cartier-Bresson, une image entre l’art et le reportage.

Fondation HCB, du 17 janvier au 22 avril.