Bois mort par James Sallis / Gallimard

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Je savais bien que James Sallis finirait par nous infliger une intrigue lamentable. C’est fait. Comme il n’est pas idiot, il s’en est rendu compte et, pour pimenter l’ensemble, truffe son récit de flash backs censés nourrir la fiction principale alors qu’on pourrait s’en passer aisément.

Il a laissé Lew Griffin pour un ex-flic nommé Turner. Sallis, pour prévenir toute critique se hâte de nous dire que Turner était bien flic mais "marginal". Il fut également taulard. Puis psychothérapeute. Et il faillit terminer prof de littérature mais ça n’a pas pu se faire. Fort d’un tel background, Turner n’hésite pas à philosopher sur sa véranda du Tennessee en compagnie d’un flic bourru franchement péquenot. Par moments ,au centre des non-dits, on croirait entendre Michel Onfray et Pascal Bruckner se lamenter sur la vie, la mort et le temps qui passe.

Le bon côté du présent livre c’est que, contrairement aux précédents, Sallis ne cite qu’un seul écrivain français : Raymond Radiguet. Ca doit lui coûter de ne pouvoir étaler sa science. C’est comme ça que j’ai commencé à détester Sallis : en subissant sa prétention intellectuelle, ce besoin de montrer qu’il en sait plus sur la littérature que les petits maîtres du polar. Même Ellroy, grande gueule surdoué, ne nous inflige jamais sa science. Mc Bain ne l’a jamais fait. Leonard et Westlake encore moins. J’imagine très bien, par contre, les petits français fous de bonheur en lisant les références hexagonales de Sallis. Qui ne grandissent personne et, à contrario, ne seront jamais capables de métamorphoser une intrigue très limite en combinatoire de génie.

A part ça, il écrit pas mal. Est-ce suffisant ??

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