Avant la nuit par Pete Fromm / Gallmeister.

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On se demande si la Nature Writing américaine existerait sans la pêche à la mouche. Vous imaginez tous ces cow boys fatigués, obligés d’évoquer leurs états d’âme ? Et pas de pêche.

Pete Fromm est pêcheur lui aussi. Il a concocté un recueil de nouvelles consacrées au noble art du lancer en eau vive. Un gamin, dont les parents sont séparés, retrouve son père pour quelques jours de pêche et, au moment où l’on croit que l’enfant a évacué sa génétrice, voilà qu’elle revient avec subtilité. Un autre gosse voudrait mieux pêcher que son frère et caracole autour de l’ainé qui vient de ferrer un mastard mais à la bouche du poisson se substitue celle de la mère, mourante sur un lit d’hôpital. Un jeune homme retourne chez mère et beau-père après une longue absence pour avouer, enfin, qu’il est parti car sa vie lui paraissait atrocement vide. Sa famille n’y est pour rien.

Comme on le voit, derrière des intrigues anodines en apparence, le drame couve croisant les aveux qu’on ne fait jamais. Pete Fromm est pêcheur, certes, mais il est surtout un magnifique écrivain qui dépasse son sujet sans forcer, là ou d’autres se contenteraient de dérouler des anecdotes.

Ce livre vient derrière l’excellent roman d’apprentissage, Indian Creek, narrant le quotidien d’un jeune homme, volontaire pour garder une réserve de saumons dans une forêt glaciale bien loin du monde humain.