Au bout de la nuit par David Ayer.

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Ludlow, flic à Los Angeles, fait partie d’une brigade qui n’hésite pas sur les méthodes pour faire règner la loi dans la cité. Il est mélé contre son gré à la mort de son ancien équipier. Dès lors, partagé entre le désir d’échapper à l’IGS et celui de venger son pote black, il parcourt Los Angeles, telle une bombe lachée dans la foule, bourré de regrets et bouffi de vengeance.

Ce film est la mise en images d’une double manipulation. L’innocence n’existe plus mais , malgré tout, Ludlow reste branché sur la lutte contre les méchants. Pas pourri, le garçon, mais franchement nerveux de la gâchette. Le scénario d’Ellroy est bien ficelé et renvoie à certains de ses premiers romans. David Ayer est un réalisateur efficace et son grand mérite est d’avoir su montrer Los Angeles sous tous les angles : apparts de luxe, banlieues pourries, communautés exacerbées contre tout, collines brûlées par le soleil, cadavres en putréfaction dans des cabanes de merde, violence des rues abandonnées aux gangs. On n’est pas au niveau du chef d’oeuvre mais il s’agit d’un bon polar, contrairement aux dires de la critique française qui préfère Desplechin, comme chacun sait. Forrest Wittaker est formidable en faux cul et Keanu Reeves parait un peu figé dans son jeu "de près".