Animal Kingdom par David Michôd.

Publié
Animal kingdom

Joshua, grande bringue lobotomisée de 17 ans, appelle les flics car sa mère vient de claquer d’overdose à Melbourne. Un peu largué, il contacte sa grand mère qui accepte de le recueillir. Au sein de la famille Cody, l’ado essaie de faire sa place. Ses oncles sont des gangsters, dirigés par un psychopathe, Pope, qui tient debout grâce aux médicaments. Les flics du secteur, qui ne peuvent prendre les frères en flagrant délit, en abattent deux sans sommation, ça fait de la place. Du coup, les survivants décident de rendre oeil pour oeil en butant deux flics à leur tour.

Joshua, vaguement concerné mais qui aspire au calme, est la faiblesse du clan Cody. Les flics le comprennent et harcèlent l’adolescent, espérant une dénonciation. Celui-ci, pris entre sa famille et les policiers, parviendra-t-il à s’en sortir ?

Joshua est une référence à James Gray, bien sûr, et on comprend rapidement pourquoi. Les liens du sang, comme chez Gray, sont au centre de cette narration. Faut-il adhérer à l’hystérie familiale ou choisir un autre chemin, au risque de passer pour traître ? Comment faire confiance à une police pourrie ? Chez Gray, les antagonismes sont père-fils, ici nous avons les oncles face au neveu. Ajoutons à cela le personnage de la grand mère, limite incestueuse, véritable matriarche sans morale, et on aura une idée de la tension qui règne chez les Cody. Le film est bien mis en scène, le cadrage est formidable et certaines scènes sont des trouvailles ( Joshua discutant au musée avec ses avocats ou bien ses gardes du corps qui se dégonflent dans sa planque). Une malédiction obscure pèse sur cette famille tenaillée par la peur et ceux qui s’en sortiront le feront dans la douleur. Ce film réussi s’inscrit dans la tradition des grands films noirs.