American Gangster par Ridley Scott

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New York, 1968. La guerre du Vietnam se termine et, aux USA, les maffieux italiens se tirent la bourre sur le trafic des stupéfiants. Un chauffeur de caïd black décide de prendre la suite de son patron qui vient de mourir d’une crise cardiaque. La déliquescence de l’armée américaine au Vietnam l’interpelle et il se déplace dans les rizières pour traiter en direct avec les producteurs et importer la drogue dans les avions militaires. La came qu’il achète est pure à 100%. Il pourrait la couper mais décide de casser le marché. Parallèlement, un flic intègre se met sur le dos les policiers ripoux de New York (remember Serpico). Le policier sera chargé de faire tomber le prince de la dope à Harlem. La bonne idée, c’est d’avoir choisi un grossiste chef d’une famille de bras cassés mais qui prend tout le monde à sa charge. Et qui n’est pas camé. En face, le flic est un peu à la ramasse dans sa vie privée : sa femme le quitte, lui pique son gosse et lui réclame de l’argent. Elle ne supporte plus ses infidélités.

Ridley Scott ne s’est pas torturé les méninges pour écrire un scénario jamais lu. Ce qui fait la qualité du film, c’est tout le reste : l’image est magnifique, à contre-jour, avec parfois une lumière rasante venant de la gauche. Le son est travaillé, le rythme du montage passe de scènes intimistes à d’autres survoltées. Enfin, Denzel Washington et Russell Crowe, empathiques et magnétiques, boustent de leur présence cette production qui renvoie curieusement à la pratique de Jean Patrick Manchette. L’écrivain choisissait des intrigues lambda mais par la qualité de son écriture parvenait à tirer tout cela vers la littérature. Ici, nous sommes emportés dans le cinéma et, si l’on doit trouver des comparatifs, on ne peut que citer Les Affranchis et Casino.