Aime-moi, Casanova par Antoine Chainas / Série Noire.

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Milo Rojevic, flic falot et obsédé sexuel, enquète sur la disparition de Giovanni,son coéquipier. Les deux hommes travaillaient sur la mort d’une jeune prostituée. Au fil de cette recherche lambda, Milo va croiser la route d’une stagiaire qui lui enfonce des perles dans le cul, une dresseuse de chien aveugle qui souhaite que l’un de ses Doberman sodomise le flic, le jules de Mathilde son ex-femme, un boucher marmoréen, l’ex-femme de Giovanni, une neuro-psychiâtre mère d’un monstre attardé et, enfin, Elvis, le patron du Chamber, une boîte réservée aux déviants et aux monstres du sexe et des sens.

Milo est également dans le collimateur de Gus, un chef de groupe chez les flics qui vit au-dessus de ses moyens et fait régner la terreur au commissariat. Ce livre ressortit à un genre qui a fait ses preuves dans les clubs vidéo : le gore-fantastico-trash. Je me souviens de Quentin Tarantino (ex-gérant de club vidéo) quand il vantait, à ses débuts, ce type de films qui sont très prisés d’un public amateur et averti. Nous avons donc, ici, la version littéraire de ce genre né sur le petit écran. Une partie du public de lecteurs va adorer ce texte, les autres s’en écarteront. Deux détails, cependant, qui concernent le prière d’insérer transmis avec le roman (Chainas n’en est donc pas responsable) : on nous parle, au sujet de Aime -moi Casanova, d’un texte désespéré, des ténèbres de l’âme humaine, d’une écriture hypnotique, d’un océan de ténèbres, d’une descente aux enfers. Concernant un roman de série B, issu de l’esprit vidéo cité ci-dessus, c’est peut-être beaucoup. Dans un second temps, il nous est confié qu’Antoine Chainas "se consacre entièrement à l’écriture". C’est courageux mais on s’en fout. Et ça ne prédispose pas à une écriture de haut niveau, sinon ça se saurait.