7h58 ce samedi-là par Sydney Lumet.

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Deux frères tirent le diable par la queue. L’aîné (Philip Seymour Hoffman) dépense beaucoup et pique dans la caisse de son entreprise. Le cadet ( Ethan Hawkes) est un panier percé et paye pour sa fille une pension alimentaire à son ex-épouse. L’aîné propose à son frêre de braquer la bijouterie de leurs parents. Celui-ci accepte. Au cours du hold up, leur mère est tuée car elle remplaçait, ce jour-là, sa vendeuse. Le père, fou de douleur, veut connaître le fin mot de l’histoire.

Ce qui intéresse Lumet ce sont évidemment les rapports compliqués père-fils. Fils-fils, également. Voire aussi fils-belle-soeur. Le braquage est traité par-dessous la jambe et le réalisateur oublie de ciseler la partie policière de son film. Tout ceci est donc théâtral et figé. Long, très long. Pour donner de la vitesse à 7h58, Lumet a concocté un montage très mode : il commence presque par la fin, revient en arrière, repart devant, revient en arrière avec différents points de vue sur des séquences sans intérêt. Tout ceci relève de la poudre aux yeux et il faut être fortement inculte pour trouver ces artifices novateurs. Nous sommes loin de Dog Day Afternoon et Serpico, les meilleurs films à ce jour du cinéaste. Deux mots sur les acteurs : Hoffman est prodigieux, sensible et inquiétant sans rien faire. Hawkes, en mec paumé, est parfait. Ils ne sont pas responsables des réticences évoquées plus haut.