Moscou 61 par Joseph Kanon / Le Seuil.

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Simon Weeks débarque à Moscou en 1961. Editeur, il a été contacté par son frère pour publier les mémoires secrètes de celui-ci mais le KGB et la CIA étant d’accord sur l’édition, on peut penser que les secrets sont connus du plus grand nombre.
Frank, le frère, est un transfuge américain passé à l’Est après la guerre en emportant tous les secrets de cuisine de la CIA, les listes, les noms des sous-chefs de bureau, les projets de l’Agence. Il est assez méprisé aux US car les américains détestent ceux des leurs qui filent chez les cocos. Simon découvre donc la vie moscovite, retrouve sa belle-soeur un peu déprimée et surtout l’étrange vie de ces transfuges américains. Car ceux-ci, après un débriefing d’une année, n’ont plus rien à faire sinon se la couler douce dans un pays qui a pris l’habitude de faire vivre les transfuges entre eux, de leur offrir des datchas seulement séparées par un bout de jardin. Ça ressemble assez à une prison mais sans les chaînes et fortement alcoolisée pour certains.
Ce qui importe pour Simon, c’est de savoir pourquoi Frank l’a fait venir à Moscou au sujet des mémoires. En réalité, Frank a des projets. C’est l’objet du roman de Joseph Kanon.
On pensait que Kanon aurait du mal à faire aussi bien que Berlin 49, son précédent livre. On se trompait car ce Moscou 61 est réussi et installe son auteur dans la foulée de Le Carré. Vivement recommandé.