Le tunnel aux pigeons par John Le Carré / Le Seuil.

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Il ne s’agit pas d’une autobiographie mais plus d’un livre de mémoires de Le Carré sur des moments amusants/étranges de sa vie d’espion ou des rencontres qu’il fit après ses premiers succès d’écrivain. Le texte n’est donc pas linéaire et chronologique mais ils est fait de chapitres, conçus comme des pochades. On voit passer le réveillon du nouvel an en compagnie de Yasser Arafat, cabotin entouré de plusieurs strates de gardes du corps, ou bien une soirée dans une boîte désertée par les clients mais tenue par la mafia russe, ou alors la rencontre avec Pivot et l’émission d’Apostrophes qui s’ensuivit. Joseph Brodsky passe également entre les pages, accablé après avoir reçu le Nobel, ou aussi Richard Burton, emmerdeur-né sur le tournage de l’Espion qui venait du froid. Deux impressions prennent forme : Le Carré ne fut pas un espion important, plutôt quelqu’un qui renseignait avec décontraction qu’autre chose. Et ensuite, ses rencontres majeures se réalisèrent surtout quand il fut considéré en tant qu’écrivain. Est-ce un livre incontournable ? Non, pas pour nous, lecteurs et admirateurs des fictions de Le Carré. Mais pour lui, oui, car on comprend qu’avec ce livre, il a pu mettre sa mémoire en ordre. Certains des textes ont connu une première édition dans des quotidiens ou des magazines. J’ai bien aimé mais sans plus.