La daronne par Hannelore Cayre / Métailié.

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Une femme d’une cinquantaine d’années traduit pour la police et la justice des communications téléphoniques effectuées en arabe, langue qu’elle maitrise parfaitement. Un jour, elle en a marre de renseigner l’institution qui se révèle aussi gangrénée que ceux qu’elle flanque en prison. Une affaire possible se présente : récupérer une grosse cargaison de shit qu’elle fait disparaître elle-même dans la nature. Elle récupère donc la came et s’invente une nouvelle vie de trafiquante, doublée d’une vitrine impeccable puisqu’elle exerce toujours son job initial.
Hannelore Cayre retrouve ici la verve de Ground XO (le cognac du rap). Elle sait comment fonctionnent police et justice car elle est avocate pénaliste et on sent bien qu’il y a du vécu dans ce roman. L’écriture est dopée comme son sujet et Hannelore s’amuse avec les mots à chaque coin de phrase. Il existe dans ce livre une certaine compassion pour les petits voyous du deal qui marnent pour se sortir de la merde mais l’écrivain n’est pas fan non plus d’un angélisme passé de mode. Chacun en prend pour son grade et c’est tant mieux. On notera au passage une critique féroce des mouroirs hors de prix réservés au quatrième âge. Un bon livre plein de vitalité.
Sortie le 9 mars.