813, n°96.

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Comme je suis dans ce numéro, je le mets en Nouveautés plutôt qu’en On peut en causer. Oui, je suis dedans car le gros dossier de ce 813 est consacré à la Collection le Miroir Obscur, chez Néo. Assez curieusement, Hélène Oswald cofondatrice de la maison d’édition n’y figure pas. Pourtant il y avait des questions à lui poser : d’où lui vient cet attachement à Fredric Brown ? Comment a-t-elle rencontré l’écriture de Colin Wilson ? La nouvelle, genre anglo-saxon, est au coeur du Miroir Obscur, pourquoi ? Bref,cette femme a des choses passionantes à dire. Ce sera pour une autre fois. Je me rends compte que je n’ai pas pu me souvenir de mon arrivée chez NéO. Par contre, je me souviens du pourquoi. Tout simplement parceque mon roman La vie d’artiste avait été accepté par Delacorta chez Fayard Noir et qu’au moment de l’éditer, Durand a supprimé la collection. Au prétexte qu’elle n’était pas rentable. Guérif, en charge du domaine étranger, avait pourtant mis en place la machine de guerre Goodis-Thompson-Westlake qui fera plus tard les beaux jours de Rivages Noir. On peut s’amuser après coup de la cécité économique de Claude Durand qui doit contempler le chiffre d’affaires de Rivages Noir et Rivages Thriller avec envie.

Revenons à nos moutons : Fajardie qui a publié une quinzaine de livres chez NéO est également interviewé. De même que Claeys qui a donné à la collection une image graphique très forte. C’est bien de mettre en avant un graphiste , ça nous change.

Autre moment intéressant du magazine, une interview de Robert Crais, artisan américain dans la grande tradition des créateurs de détectives privés. Son dernier livre est chroniqué sur ce site dans la rubrique On peut en causer. Enfin le morceau de roi, un beau travail de Nestor Ponce consacré à Leonardo Padura, créateur inspiré du flic cubain Mario Conde. Mario travaille à la feignasse, se laisse déborder par les souvenirs, Cuba se met à nu mais Padura évite habilement la polémique directement politique.
Son dernier roman Adios Hemingway, particulièrement réussi, jette un regard perçant sur la vie d’Hemingway dans sa fameuse maison de La Havane. Comment on y vivait, comment on y mourrait. Ce bon numéro de 813 est servi par une mise en pages renouvelée et bien venue.