Un pied au paradis par Ron Rash / Le Masque.

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Nous sommes ici dans une vallée fortement rurale des Appalaches du sud. La compagnie d’électricité Carolina Power rachète peu à peu les terrains disponibles et prévoit de noyer la vallée pour en faire un lac. Cette année-là, la sécheresse est insupportable et les paysans travaillent d’arrache-pied pour sauver ce qui peut l’être encore de leur récolte. Nous sommes en pleine misère mais le shériff Will Alexander est retenu par un autre évènement : la disparition d’un ancien de Corée connu comme le loup blanc. Le genre tête brulée et grande gueule.

Rapidement, il soupçonne un voisin, Billy Holcombe, qui travaille d’arrache pied mais que la mère du disparu tient pour responsable. Elle prétend que son fils baisait la femme d’Holcombe. C’est un mobile valable. Partant de là, on va suivre ces pauvres gens et, notamment, les Holcombe qui dissimulent un secret fort lourd. De jour en jour, l’emprise de Carolina Power sur la vallée se fait sentir et le livre se termine sur l’exode des habitants.

Ron Rash a choisi un récit à cinq voix pour nous conter son histoire. Certains font des flash back mais le récit prend consistance tel un puzzle. L’écrivain a choisi une langue de pauvres, de péquenots, pour avancer dans son texte et, bien qu’il soit universitaire, on ne le sent pas souffrir à l’écrit. Apre, intense, essentiel pour comprendre les années cinquante dans ces régions pauvres des US, ce livre est vivement conseillé.