Le tueur de Cédric Anger.

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Nous sommes à Paris, autour de Noêl. Léo, marié, un enfant, est un courtier qui vend et revend des actions. Seule sa fille compte pour lui. Un jeune homme se présente à son cabinet et, de suite, Léo comprend que cet homme est là pour le tuer. Parano, notre courtier finit par discuter avec ce tueur en puissance et propose qu’il le laisse vivre jusqu’au samedi qui suit. Il veut gagner un gros paquet pour mettre sa fille à l’abri, après son exécution. Dimitri, tueur brut de décoffrage, accepte.

On est chez Melville. Paris est bien quadrillé, les enseignes lumineuses flèchent les parcours de Léo. Ce film n’est pas bavard, les regards pèsent leur poids. L’image est structurée comme chez Melville ou, plus récemment, comme Johnnie To le fait à Hong Kong. Moins excité, cependant. Nous sommes devant un objet plutôt esthétique, d’autant que l’image est sourde, les couleurs atténuées tout au long du récit. J’aime beaucoup. Ca nous change agréablement des filmages cliniques, du dialogue fleuve et des intrigues à la con. Cédric Anger prend une posture à mi-chemin entre le film d’auteur et le thriller habité.

Gilbert Melki joue "en dedans" mais on comprend pourquoi à la fin. Mélanie Laurent est bien, sans plus. Quant à Grégoire Colin, le tueur, il réussit à incarner un personnage pas évident, entre l’idiot du village et le mec avec une sensibilité un peu rude mais présente malgré tout. C’est lui la révélation du film avec le metteur en scène, Cedric Anger, qui propose une piste intéressante au polar français.