Empire state par Henry Porter

Publié

Henry Porter, lointain cousin de John le Carré publie le 1er février son nouveau roman d’espionnage.

A l’aéroport d’Heatrow, en Grande bretagne, le libraire arabe Youssef Rahe passe la douane. A sa descente d’avion, dans le même aéroport, un américain de haut rang se fait buter par un commando présumé arabe. Isis Herrick, agent
du contre-espionnage britannique comprend que derrière Rahe 11 hommes ont traversé la douane en changeant d’identité au passage. En fait,Rahe n’est pas seulement libraire mais un ancien combattant pro-musulman de Tchétchénie. C’est là qu’ont été jetées les bases d’une lutte mortelle contre l’occident.

Henry Porter, contrairement à Le Carré, accepte d’échaffauder par personnages interposés des théories sur les guerres terroristes actuelles. Il dit notamment que la guerre terroriste arabe n’est pas une guerre sainte mais la concrétisation d’un antagonisme Islam/Occident. Donc, politique. Les modèles islamiques ayant avortés, l’ennemi reste donc l’occident et son gendarme-chef, l’Amérique. Ca parait simpliste mais on peut en causer.
Chez Le Carré, le déplacement d’une théière sur la table de Smiley pouvait produire de menus ravages en Chine. Chez Porter, nous sommes plus dans l’action et les agents qui meurent semblent souffrir réellement. On dira, pour simplifier, que l’écriture de Porter est plus en phase avec l’évolution du monde des guerres secrètes que celle de Le Carré, inoubliable mais scotché à la guerre froide Est-Ouest.

Ce livre bien mené, touffu car rien n’est simple dans les buanderies de l’Histoire, est le second publié en France par Porter. A lire d’urgence dès le premier février.