Eddy Louiss est mort.

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Eddy Louiss est mort. J’ai pris du temps pour en dire deux mots. L’harmoniciste antillais possède un CV jazz que beaucoup de musiciens lui envieraient. Mais il restera souvent comme l’accompagnateur fidèle de Claude Nougaro. C’est fâcheux. Les amateurs de jazz se souviennent des enregistrements de la Multicolor Feeling Fanfare et du morceau magique, Célestin, que j’ai pu entendre à Vincennes en plein air. Comment oublier ses deux disques avec Petrucciani, Conférence de presse, où il proposait Les grelots, un morceau qui m’évoque les musiques distillées dans le cinéma de mon enfance à l’entracte. Ou bien cet Autumn Leaves d’anthologie sur lequel les deux instrumentistes dialoguent.
J’ai aussi en tête son duo avec Galliano et leur version d’I remember Clifford. Et le trio avec Humair et Ponty. Ah, j’allais oublier sa période avec les Double Six de Mimi Perrin. J’écoute souvent aussi le standard, Bohemia after dark, sorti dans la collection Gitanes. Tant et tant que j’en oublie évidemment. La dernière fois que je le vis, on l’avait amputé d’une partie de la jambe et il se battait avec les pédales de l’orgue Hammond. Bernard Lubat, qui a joué longtemps avec lui, me disait quelques jours avant la mort d’Eddy qu’il regrettait de ne plus le voir mais qu’il comprenait que le musicien, diminué après son opération, répugne aux déplacements. Il va terriblement nous manquer. Son fils a eut l’idée de regrouper dans un petit coffret plusieurs disques de son père qui proposent toutes les facettes du musicien. L’objet est toujours disponible à la vente.