Comme Dieu le veut par Niccolo Ammaniti / Grasset

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Il sont quatre : Rino Zena, son fils Christiano, Quattro Formaggi et Danilo Apprea. Il vivent dans une petite ville italienne édifiée sur une plaine lugubre. Probablement dans le nord car il y pleut souvent. Les trois hommes sont des calamités ambulantes. On ne peut pas parler de lumpen proletariat car ils travaillent rarement, d’ailleurs il y a peu de travail. Ils ont des problêmes certains avec le sexe, avec les filles qu’ils rêvent de baiser. Ils n’ont, par contre, aucun souci avec le fascisme : Rino a tendu dans sa salle à manger un drapeau avec une immense croix gammée au centre. Il adore Hitler.

Pas très intelligents, fous furieux quand il boivent, bordéliques. Néanmoins, ils sont potes et la tendresse indescriptible qui lie Rino à son fils Christiano fait osciller le livre entre le dégoût et l’amour. Le père et le fils s’arrangent pour curer en détail leur maison pourrie avant que le type de l’action sociale ne passe vérifier si l’enfant grandit dans un foyer honnête. Car si on lui enlevait Christiano, Rino pourrait faire un malheur.

Et un jour, ils décident de braquer le distributeur de billets de leur bourgade pour en finir avec les problêmes de fric. Le soir du braquage, un orage apocalyptique ravage la région et le destin des quatre protagonistes sera bouleversé durant cette nuit de folie.

Dans une langue riche, pas péteuse mais pétaradante, Ammaniti a troussé un livre formidable, hissant l’inframonde italien au rang d’une mythologie de la déglingue qui met en joie. Le très grand livre de la rentrée 2008.