Brandebourg par Henry Porter / Calmann-Lévy.

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Rosenharte, agent de la Stasi réactivé depuis peu, accepte de prendre contact avec une femme qu’il sait décédée. Il est motivé par ce retour d’activité eu égard à l’emprisonnement de son frère pour activisme anti-social. En cours de route, il comprend que l’occident peut l’aider pour faire passer à l’Ouest frère, belle-soeur et neveux. Partant de là, Rosenharte se lance dans un double puis un triple jeu. Il est prêt à tout pour duper la Stasi. Une femme l’aidera dans cette longue marche.

Le roman de Henry Porter commence quand le peuple Est-Allemand, crétinisé pendant des décennies, commence à relever la tête, descend dans la rue et se rend à l’église pour affirmer pacifiquement que l’heure d’Honneker est terminée. Les allemands veulent vivre à l’image de leurs frères de l’autre côté des barbelés. Dans les dernières pages du livre, le mur de Berlin est envahi. Ce roman, foisonnant, complexe mais terriblement humain est une réussite totale à mettre au crédit de Porter
qui nous avait déjà épaté avec Empire State, son précédent roman. Celui-ci gagne encore en ampleur et vient s’inscrire dans la relecture des années noires de l’Est engagée par des oeuvres cinématographiques telles La vie des autres et Good Bye Lenine. Ce Brandebourg, bien mené, alternant des séquences intimistes et d’autres balayées par la duplicité de l’espionnage où la marche en avant vers la liberté, est pour l’heure le grand livre de la chute des dictatures staliniennes. C’est aussi un magnifique roman qui nous dit que tout peut se gagner mais dans la souffrance.

Mise en vente : 19 février.