Angel Baby par Richard Lange / Albin Michel

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Richard Lange est un écrivain de L.A. qui nous avait épatés avec son Dead Boys en 2009. Il s’agissait d’un recueil de nouvelles de littérature générale. Je n’ai pas lu Ce monde cruel, précédent opus de l’écrivain. Cette fois-ci, Lange passe avec armes et bagages dans le camp du Noir. Et celui, fortement labouré, des intrigues transfrontalières US-Mexique. On a connu dans le genre le magnifique Tijuana Straits de Kem Nunn, le livre de Sebastian Rotella, Triple crossing, celui de Robert Crais, Coyotes, et quelques autres dont les titres m’échappent. Nous sommes donc devenus, au fil du temps, des spécialistes de Tijuana, de Juarez, du passage de San Yisidro, d’Ensenada, des gangs, des cartels, des têtes coupés, de la meth et de tout le bordel folklo dont se délectent depuis quelques années les auteurs de thrillers amateurs de tortillas.

Nous pensions que Richard Lange, écrivain subtil, saurait se démarquer de la bimbeloterie ci-dessus. Eh bien, non. Car Lange semble découvrir pour la première fois la violence transfrontalière et le barnum de la mort afférent. Les mexicains vraiment méchants, les américains poivrots, les flics corrompus, les pures énervées. Devant la naïveté du récit on est un peu abasourdi. Mais ce qui choque, c’est l’accumulation de clichés et les outrances de la narration. J’espérais que, sur sa lancée, Lange arriverait à nous caser un nain homosexuel et un bébé tueur en série mais son agent a du le calmer. Il s’agit donc d’un naufrage et ça n’amuse personne, surtout pas moi qui avais adoré Dead Boys. Vous voulez connaître l’histoire, la voilà : Luz échappe à son mari, un narcos cruel et veut passer la frontière pour gagner les States. Parallèlement, le mari fait sortir de prison un tueur porté sur la famille. Si le tueur ne revient pas avec Luz, sa femme et ses gosses passent à la casserole. Nous sommes scotchés à nos fauteuils.

J’attends avec sérénité le prochain livre de Lange, faut pas se laisser abattre.