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Blog-Actu Frozen River par Courtney Hunt.
L’argent n’a pas d’odeur, comme on dit. Ray s’interdit de faire passer d’éventuels terroristes (elle possède la télé dans son mobile home) mais ne rechigne pas à charger des asiatiques, traitées comme des chiennes, pour des ordures, exploiteurs de la misère humaine. Il y a donc une ambiguïté mais nous ne sommes pas gênés car la misère dans laquelle vivent Ray et Lila justifie, en partie, cette lutte désespérée pour raffler quelques billets, acheter un jouet au petit et donner le minimum aux enfants pour déjeuner le midi en ville. Ce film, noir, est dominé par la blancheur de cette région glaciale et par la rivière St Lawrence gelée que les femmes doivent traverser pour livrer leur marchandise humaine. Hunt filme cette histoire sans chipoter ni nous infliger les merveilleux couchers de soleil sur la glace. Nous sommes dans le froid, la souffrance, la survie. Les actrices, sobres, touchantes, expriment le maximum avec leurs yeux et, concernant Ray, ses rides la font belle, envers et contre tout. Il s’agit d’une réussite, évidemment, à mettre au crédit du film noir qui n’a rien à voir avec le film policier, comme chacun sait. Mais c’est bien de le redire au moment où paraît Diamant 13.
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